Co-production : Association « Par ici la scène » et Théâtre de Femmes Franco-Japonais Séraph | D’après les films de Kon Ichikawa et Ayuko Tsukahara | Mise en scène et Chorégraphie par Sayori Okada
Deux pièces, deux ambiances. Sayori Okada nous propose avec la Compagnie de Théâtre de Femmes Franco-Japonais Seraph de découvrir en version japonaise sur-titrée deux adaptation d’oeuvres mettant les femmes au premier plan.
Dans Le temps que le café refroidisse (d’après le film lui-même adapté du roman de Toshikazu Kawaguchi), les personnages se croisent dans un café doté d’un pouvoir étrange : celui d’emmener ses clients revisiter le passé. Comme dans de nombreux romans japonais contemporains, le fantastique n’est pas une fin en soi, mais le moyen de nous faire voyager dans l’univers intime de chaque visiteur. Une femme atteinte d’une maladie neuro-dégénérative qui aurait oublié de laisser un message à son mari, une jeune femme qui tente de mieux comprendre une rupture soudaine, des secrets de famille qui se révèlent. Mais attention, chercher à faire revivre trop longtemps le passé a un prix…
L’unité du lieu vient ancrer la pièce face à l’élasticité du temps : passé, présent et futur se mélangent, sans que les êtres en soient particulièrement surpris. Après tout, la vie-même n’est-elle pas in fine le plus grand voyage dans le temps ? On est touché par l’émotion sincère des comédiennes, notamment quand elles abordent avec délicatesse la complexité des liens familiaux.
Dans Dix femmes en noir (d’après le film de 1961, scénario de Natto Wada et Kon Ichikawa), le volage producteur Kazé (« vent » en japonais) collectionne les amantes et sème la dévastation dans les coeurs. Largement au courant, son épouse s’improvise en leadeuse d’une sororité de femmes bafouées et conspire avec ses maîtresses. Soif de vengeance ou double jeu ? Les masques tombent quand vient le temps des actes.
Enjouée et d’une cruauté toute en finesse, cette comédie noire pose la question des jeux de pouvoir entre hommes et femmes, jusqu’à semer le trouble.
Les deux pièces se distinguent par un beau travail chorégraphique et une solide recherche visuelle (lumière et projections), qui viennent rythmer l’ensemble et rendre accessible au public français cet aperçu de la psyché féminine japonaise.



