Avec Nicolas Martel et Georges Edmont. Texte de Georges Edmont. Mise en scène par Jean-Michel Rabeux. Théâtre en appartement (Paris IVème). Texte en vente sur place. Photo © Muriel Delepont.
À deux pas de la place des Vosges, dans la coquette Rue de Jarente, Georges Edmont nous invite chez lui. Dès la grille passée, les aspérités des pavés de la cour nous préparent doucement à un voyage dans une vie cabossée. Une « vie de pédé ».
Pour se raconter, Georges Edmont, né en 1942, a choisi comme avatar Nicolas Martel, la fraîche cinquantaine. En étincelant miroir humain, il reflète pendant une heure tout ce qui, si longtemps, devait rester caché aux yeux de tous, à commencer par ceux de Georges. L’infortune d’être mal né, le désir muselé et galvanisé par la clandestinité, le déchirement quand la recherche des origines dévoile l’ignoble.
L’intimité du lieu laisse une place juste à cette danse du double-je, où la douleur et la honte serviront finalement de marchepied vers la joie. Les fêlures se comblent avec des sourires, une chanson d’autrefois, un verre de vin, et la résonance complice entre les interprètes et leur public.
Dans ce grand et délicat déballage, Georges a dû se dédoubler pour pouvoir enfin se dire « je t’aime ». Un amour propre, tendre et vrai, débarrassé de l’ego, serait-il le plus insaisissable des amours interdites ?




