Photo © Vincent Bérenger | Site Officiel | Théâtre de la Ville
La double pièce de théâtre «Après la répétition/Persona», écrit et mis en scène par Bergman puis par Ivo Van Hove en 2012 aux Pays-Bas et traduit en français en 2023, traite de deux perspectives différentes sur le théâtre et leur significations pour la société.
Ivo Van Hove divise sa pièce en deux parties (Après la répétition et Persona) pour établir un contraste entre deux différentes perspectives sur la vie du théâtre qui sont déjà bien connues par la société : la passion et la misère des professionnels de ce monde. La durée de la pièce est à peu près de trois heures avec un entracte pour reconstruire la pièce suivante, car la scénographie d’«Après la répétition» et d’ «Persona» sont à l’opposée. La première “Après la répétition” est un espace fermé comme un petit studio de cinéma et la seconde est un espace ouvert: une île entourée d’eau.
La première partie, «Après la répétition”, raconte la passion d’un metteur en scène/auteur pour le Théâtre. Il est en train d’écrire une pièce autobiographique. Pour lui, toute sa vie et ses œuvres tournent autour du théâtre. Il est rejoint par deux actrices, son ex-amante et une jeune actrice dont il vient de tomber amoureux.
Cette pièce se joue dans une salle de répétition fermée par trois murs, dans laquelle il y a un bureau, un canapé, une caméra, une régie-son et une régie-lumière. Pendant le déroulement de la pièce les acteurs sont filmés par la caméra, projetant entre autre le portrait de la jeune actrice sur le mur du studio de répétition pour donner un autre point vue aux spectateurs.
La deuxième partie, «Persona», illustre l’autre côté du monde du théâtre, la misère physiologique des acteurs. Le personnage principal, Elizabeth, qui souffre d’une dépression à cause d’un rôle. Celle-ci ne parlera pas pendant toute la pièce, seulement à la fin elle prononcera le mot «rien». Sa dépression et son caractère sont exprimés par un jeu du corps très détaillé: nue sur une sorte de table d’opération grise, son corps allongé et de dos dont les veines peintes en bleu fait penser à un tableau de Lucian Freud.
On découvre la vie de cette actrice par le flot de paroles continu d’un autre personnage : Elizabeth, son infirmière. Cette relation entre les deux personnages évoque un sens de fraternité. Elizabeth s’ouvre vers l’infirmière de plus en plus et à la fin c’est à elle qu’elle dit sa seule parole: “rien”.
Il y a du vent et de la pluie, des couleurs magnifiques; bleu, jaune, vert, blanc et l’ombre de l’eau sur la coulisse. Le jeu du corps et les mouvements qui sont vitaux pour cette pièce, se jouent non seulement sur cette île mais aussi dans l’eau qui évoque une expérience réaliste.
La double pièce ne signifie pas seulement deux perspectives différentes : la passion du Théâtre et la misère physiologique des acteurs mais aussi le contraste entre un théâtre de dialogue (Après la répétition) et un théâtre d’images, du mouvement, du corps et du monologue (Persona).
La version française d’Après la répétition/Persona, d’Ivo Van Hove est actuellement jouée au Théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt à Paris.




